L'Utilité

La voilà donc, l’Utilité, dernier opus de cet artisan des mots qu’est Batlik.
A la couleur des grafs de Juste à Côté, succède le graphisme de ce digipack qui s’habille d’un sobre noir et blanc, images émaillées des éclaboussures du quotidien qu’il nous dépeint.
Avec le mot juste, la phrase scandée, telle une marque de fabrique, une A.O.C. musicale, son jeu atypique s’accompagne pour la première fois, au côté de Jean-Marc Pelatan, complice de toujours, de la ponctuation d’une batterie.
S’en suit une ambiance doucement syncopée, et on faillirait presque à s’en laisser bercer, juste comme ça, pour le plaisir...
Ce serait passer juste à côté de ce que Batlik nous livre avec pudeur, questionnements sans réponses, coups de gueule, doute, ironie douce-amère des constats.
Le tout avec une profondeur sensible toute en clair-obscur.
Batlik nous a offert un album par an depuis 2004, en dehors des routes médiatisées, préférant avec son manager Gilles Gelly les chemins de traverse et fonder son propre label.
D’aucun auraient pu craindre devant telle régularité, que la musicalité ne s’essouffle, que le propos ne se dilue.
Il n’en est rien, la richesse persiste et signe, une fois encore.
La preuve, s’il en était besoin, que la pertinence se nourrit aussi de cette indépendance farouche dont ils ont su faire un parti-pris.
L’Utilité, elle est certainement quelque part par là, dans cette évidence que la conviction se doit à lutter contre les grains de sable.
Encore un beau jalon, inventif et attachant, d’une belle aventure, authentique et engagée.
A écouter par ici
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