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Un soir au Gerpil

Publié le par l'oeil et l'oreille


Les mots de DIMEY habillés par Lantoine, ça devient un texte de haute-couture....

Un soir au Gerpil


Les heur' que j'ai passées à m'finir au Gerpil
Avec des filles de rien que j'appelais Monsieur
Qui f'saient vibrer pour moi leurs miches et leurs faux-cils
Pour m'envoyer le soir un peu de poudre aux yeux
C'était des heur' perdues que je gagnais quand même
J'y perdais l'équilibre et parfois la raison
Aux dernières années de ma vie de Bohême
Avec des enfants d'choeur qui sortaient de prison

C'est une maladie comme on dit de jeunesse
Je suis un vieux gamin assez mal conservé
J'ai toujours adoré les chemins de traverse
Qui vont du Sacré-Coeur aux quartiers réservés
Je ne demande rien aux gens que je fréquente
Qu'ils soient flics ou curés, à vrai dire je m'en fous
Des mâles à toute épreuve égarés chez les tantes
Pour prendre un peu leur pied ou pour se fair'des sous

C'est peut-être au Gerpil à l'heure du délire
A l'heure où l'on zigzague en croyant marcher droit
Que j'ai vu mélanger le meilleur et le pire
Et la droite et la gauche et l'envers et l'endroit
Et mourir quelquefois, un peu comme on rigole
Spectacles étonnants qui ne m'ont rien appris
Pourtant ce fut pour moi une exellente école
Car ce qui ne vaut rien n'a jamais eu de prix.

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Pépère

Publié le par l'oeil et l'oreille

Pépère

Pépère, écout'pas ça, c'est du mélancolique.
À chaque fois qu'tu l'entends, tu fais ton cinéma,
Ça te rappelle des trucs, cette espèce de musique,
Ça te rappelle Germaine mais ça tu l'diras pas.

Écoute pas ça, j'te dis ; t'as déjà l'oeil qui brille,
Tu tires sur ta cibiche comme au bal des pompiers,
Y paraît qu'tu savais baratiner les filles,
Y paraît qu'au chamboule-tout t'étais toujours premier.

Je vois l'accordéon tourner sous ta casquette
C'est comm' la foire du trône, réveillé d'un seul coup
Quand on a dix-huit ans, c'est merveilleux la fête,
À présent c'est foutu, tu n'y vas plus beaucoup.

Pépère, écout' pas ça, et parle-moi d'Germaine.
Y paraît qu'avec elle t'avais l'sifflet coupé,
Que tu v'nais la chercher chez papa toutes les s'maines,
En promettant surtout d'la ram'ner pour souper.

Pépère, écout'pas ça, tu vas pleurer par terre
Si tu rentres chez toi avec des yeux rougis
Mémène elle va penser que t'as forcé sur l'verre
Elle comprendra jamais que l'biniou t'a surpris.

C'est pernicieux comme tout les pianos à bretelles,
Ça vous balance des airs au décrochez-moi ça,
Des sonates à deux ronds dans le fond des ruelles
Avec des mots tout neufs qui n'en finissent pas.

Pépère, on va rentrer, vas-y, finis ta bière,
Il est minuit passé, c'est plus des heures pour toi.
Le patron du bistrot va boucler ses lumières
Et pour le dénicheur, ça s'ra la prochaine fois.

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Aveugle et sourd

Publié le par l'oreille

Maczde Carpate
album Discomouche

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La poule

Publié le par l'oeil et l'oreille

La poule ne se plait que chez les paysans... Ils en ont des basses-cours pleines !
Celles qui font des oeufs d'or sont beaucoup plus gentilles que les autres ; alors on n'a pas le droit de les tuer.
On les appelle les poules de luxe. Elles coûtent beaucoup plus cher qu'on croit ! Il paraît qu'il y a des femmes qu'on appelle aussi des poules. Personne n'a voulu me dire pourquoi. Papa m'a juré qu'il n'en connaissais pas.
Dés qu'il en connaîtra, il me le dira.
Et dés qu'elles auront des dents, les poules, maman m'achètera une mobylette.

Bernard DIMEY Bestiaire d'autre part

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Les vendeurs d'enclumes

Publié le par l'oeil et l'oreille


Une découverte de scène, un groupe d'Orléans qui mérite vraiment qu'on s'y attarde...
Un univers à la Bell Oeil, qui sort des sentiers balisés, très original, sombre, et touchant.
Une finesse jusqu'au bout des mots, un oeil accéré, ça grince là où ça fait mal, mais toujours avec une énergie incroyable au creux des mains, les tripes en avant.
Une couleur musicale qui se joue magnifiquement des métissages, et qui exploite le jazz avec beaucoup de bonheur...
Et un album l'Etonnoir à découvrir vivant, sur scène : au dernier diagnostic, ça palpite plus que jamais, il est excellent !

http://www.vendeursdenclumes.com/

T'arrête pas, live.

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Ivrogne, et pourquoi pas ...

Publié le par l'oeil et l'oreille

Texte de Dimey, encore, repris par Loic Lantoine en concerts...

Ivrogne, et pourquoi pas ?


Ivrogne, c'est un mot qui nous vient de province
Et qui ne veut rien dire à Tulle ou Châteauroux,
Mais au coeur de Paris je connais quelques princes
Qui sont selon les heures, archange ou loup-garou
L'ivresse n'est jamais qu'un bonheur de rencontre,
Ça dure une heure ou deux, ça vaut ce que ça vaut,
Qu'il soit minuit passé ou cinq heure à ma montre,
Je ne sais plus monter que sur mes grands chevaux.

Ivrogne, ça veut dire un peu de ma jeunesse,
Un peu de mes trente ans pour une île aux trésors,
Et c'est entre Pigalle et la rue des Abesses
Que je ressuscitais quand j'étais ivre-mort...
J'avais dans le regard des feux inexplicables
Et je disais des mots cent fois plus grands que moi,
Je pouvais bien finir ma soirée sous la table,
Ce naufrage, après tout, ne concernait que moi.

Ivrogne, c'est un mot que ni les dictionnaires
Ni les intellectuels, ni les gens du gratin
Ne comprendront jamais... C'est un mot de misère
Qui ressemble à de l'or à cinq heure du matin.
Ivrogne... et pourquoi pas ? Je connais cent fois pire,
Ceux qui ne boivent pas, qui baisent par hasard,
Qui sont moches en troupeau et qui n'ont rien à dire.
Venez boire avec moi... On s'ennuiera plus tard.


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Quand on n'a rien à dire...

Publié le par l'oeil et l'oreille

Les effets secondaires de Barjac :

Quand on n'a rien à dire et du mal à se taire,
On peut toujours aller gueuler dans un bistrots,
Parler de son voisin qui n'a pas fait la guerre,
Parler de Boumedienne et de Fidel Castro,
Parler parler parler... pour que l'air se déplace,
Pour montrer qu'on sait vivre et qu'on a des façons,
Parler de son ulcère ou bien des saints de glace,
Pour fair' croire aux copains qu'on n'est pas le plus con.

Quand on n'a rien à dire on parle de sa femme
Qui ne vaut pas tripette et qui n'a plus vingt ans,
Qui sait pas cuisiner, qui n'aime que le drame,
Qui découche à tout va, qu'a sûrement des amants.
On parle du Bon Dieu, on parle de la France
Ou du Vittel-cassis qui vaut pas çui d'avant,
On pense rien du tout on dit pas tout c' qu'on pense.
Quand on n'a rien à dire on peut parler longtemps.

Quand on n'a rien à dire on parle du Mexique
De l'Amérique du Nord où tous les gens sont fous,
Du Pape et du tiercé, des anti-alcooliques,
Du cancer des fumeurs et des machines à sous,
Des soldats des curés, d'la musiqu' militaire,
De la soupe à l'oignon, de l'îl' de la Cité.
Quand on n'a rien à dire et du mal à se taire
On arrive au sommet de l'imbécilité.

  Bernard DIMEY
Recueil : Le milieu de la nuit, ED. Christian Pirot

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Lantoine et Pierron à Barjac

Publié le par l'oeil et l'oreille










 Un de ces concerts qu'on attend, presque fébrilement...

On a fait la route pour les voir, pour se rendre compte, une fois encore, que l'émotion est intacte, sous chaque mot, sous chaque note...
Pour se surprendre à être surpris encore...
A en demander plus...
A s"en repaître...

Ce qui passe entre ces deux-là est en dehors de ce que je pourrais en dire, ça se ressent... ça remue, retourne, on en repart à reculons, les yeux pleins, nourris à cette poésie fragile et vivante qui fait qu'on se retrouve la larme à l'oeil...le coeur en vrac...

Ces moments-là sont rares...
Merci infiniment à eux de m'avoir permis d'en croiser sur ma route...

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Prix découverte des francos 2006

Publié le par l'oeil et l'oreille


Et bien voilà, ça devait arriver....
"Imbert Imbert, coup de coeur 2006 du Club Entreprises des Francos qui lui a décerné un prix de 1500 euros ainsi que 2 journées d'enregistrement dans le studio de Cristal Production à Rochefort." source : Ubacto, La Rochelle
Et il le mérite, grandement...
Il a ce petit truc bien à lui qui fait que ça sort du lot de ce qu'on peut entendre...
Profondémént humain, profondément vivant, profondément juste, dans ce qu'il est, ce qu'il dit, ce qu'il joue...
Un peu lunaire, un peu punk, des chaussures qui rebiquent pour ne pas offenser la terre, un curieux mélange, sensible, émouvant, touchant....
A découvrir d'urgence !
Et le deuxième album est bientôt disponible !!

Là, là, là...
 

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