Un soir au Gerpil

Publié le par l'oeil et l'oreille


Les mots de DIMEY habillés par Lantoine, ça devient un texte de haute-couture....

Un soir au Gerpil


Les heur' que j'ai passées à m'finir au Gerpil
Avec des filles de rien que j'appelais Monsieur
Qui f'saient vibrer pour moi leurs miches et leurs faux-cils
Pour m'envoyer le soir un peu de poudre aux yeux
C'était des heur' perdues que je gagnais quand même
J'y perdais l'équilibre et parfois la raison
Aux dernières années de ma vie de Bohême
Avec des enfants d'choeur qui sortaient de prison

C'est une maladie comme on dit de jeunesse
Je suis un vieux gamin assez mal conservé
J'ai toujours adoré les chemins de traverse
Qui vont du Sacré-Coeur aux quartiers réservés
Je ne demande rien aux gens que je fréquente
Qu'ils soient flics ou curés, à vrai dire je m'en fous
Des mâles à toute épreuve égarés chez les tantes
Pour prendre un peu leur pied ou pour se fair'des sous

C'est peut-être au Gerpil à l'heure du délire
A l'heure où l'on zigzague en croyant marcher droit
Que j'ai vu mélanger le meilleur et le pire
Et la droite et la gauche et l'envers et l'endroit
Et mourir quelquefois, un peu comme on rigole
Spectacles étonnants qui ne m'ont rien appris
Pourtant ce fut pour moi une exellente école
Car ce qui ne vaut rien n'a jamais eu de prix.

Publié dans L'oeil à ouvrir

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RzL 31/08/2006 17:28

Pfft mais c'est pas vrai, c'est nul!Ah le Gerpilon est pas seul : http://birdynumnum.over-blog.com/article-1777155.html

RzL 30/08/2006 21:07

Quel texte sublime, sentiment d'intemporalité !Comme la quasi totalité des textes de Dimey. Il est resté si contemporain ...L'impression d'y être est très présente, tant les bruits que les odeurs (sans rentrer dans la connerie chiraquienne)On y va quand se finir au Gerpil?

l'oeil et l'oreille 30/08/2006 21:24

Le 14 de la rue Germain Pilon, c'était Chez Boivin, mais parait que ça vient de fermer... :(