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L'automne à la porte

Publié le par l'oeil et l'oreille

 
coing3

Lorsque mon coeur sera



Lorsque mon coeur sera comme un vieux fruit d'automne
Et que mes ossements s'en iront à vau-l'eau,
Peut-être direz-vous que la récolte est bonne.
Les vers pendant ce temps glisseront sous ma peau,
Les yeux noirs que j'aurais seront d'un noir de tombe
Et je ne pourrais plus sourire que des dents ;
Vous aurez tout loisir d'aller faire la bombe,
Quel que soit votre jeu moi seul serai perdant.

Je serai comme un tronc que la rivière emporte
Vers on ne sait quel trou où rien ne vous attend.
Sans doute aurez-vous mis les scellés sur ma porte,
Moi je m'en foutrai bien, j'aurais fini mon temps,
Je n'aurai rien à dire et plus rien à défendre,
Je serai comme un roi dans un palais désert,
Ayant tout désappris y compris d' être tendre,
Oublié le mensonge et comment on s'en sert.

Allongé je serai comme un vieux saint de pierre,
Les vieux copains viendront s'agenouiller sur moi,
Ma maison dormira étouffée sous le lierre,
Après deux ou trois ans il en restera quoi?
Il n'en restera rien qu'un peu de phrases mortes
Que j'aurai par hasard prononcé devant vous.
La vie fait son métier mais la mort est plus forte,
Et qu'on le veuille ou non on vient au rendez-vous.

Lorsque je n'aurai plus de cerveau dans la tête,
De langue dans la bouche, et cela pour toujours,
Peut-être serez-vous tous ensemble à la fête
En train de fredonner quelques chansons d'amour,
Quelques gentils refrains jaillis de ma jeunesse,
Souvent enjolivés d'un air d'accordéon,
Vous en serez à l'âge où tout cela vous blesse,
Il faut aimer le mal que nous font les chansons.

Lorsque je dormirai quelque part bien tranquille
Au fond d'un trou creusé par un bonhomme idiot
Qui s'en ira plus tard fredonner par la ville
Une chanson de moi glanée à la radio,
Lorsque j'en serai là j'aimerai tout le monde
Et tout le monde alors dira du bien de moi.


Comme on sait que jamais les morts ne vous répondent
A mon sujet chacun dira n'importe quoi,
Que je fus le plus beau des poètes à la manque
Sans que Dieu ni le Diable n'en fussent avisés,
Que j'eus tout dans ma vie à part un compte en banque,
Que je tirais fort bien sans savoir que viser.

Lorsque mon coeur sera comme une vieille éponge,
Vous pourrez tous ensemble évoquer qui je fus.
J'en rigole d'avance aujourd'hui quand j'y songe,
Car aucun d'entre vous ne l'aura jamais su.

Dimey



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Tout est calme....

Publié le par l'oeil et l'oreille

flylantoine

...TROP...


Parce que s'il en est un à attendre de pied ferme, et d'oreille avide, c'est bien cet album....

Publié dans L'oreille à tendre

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Gérard Cambon

Publié le par l'oeil

cambon2004F25detail

Encore un artiste découvert à la galerie Béatrice Soulié.
De vieilles boites rouillées, des racines, des ustensiles détournés, qui disparaissent sous l'assemblage...
Et deviennent antres, prisons, lieux d'errance pour ces personnages tout juste esquissés, de quelques centimètres seulement, mais terriblement expressifs...
Un monde reconstruit dans l'abandon du temps, silhouettes chimériques de nos laissés pour compte....

Galerie Web de Gérard Cambon

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Je ressemble aux poissons

Publié le par l'oeil

carcassebato

Je ressemble aux poissons quand les chaluts reviennent
Qu'on voit sortir de l'eau, les yeux morts depuis peu.
Je suis dans un filet, je sens bien qu'on me traîne,
Je voudrais qu'on me laisse encore une heure ou deux,
Qu'on me laisse le temps et peut-être l'espace
De revoir le pays qui m'a laissé partir,
Comme font les anguilles dans la mer des Sargasses
Aller faire un enfant quelque part et mourir.

Je ressemble aux bateaux dévorés par la mousse,
Couverts de coquillages et d'étoiles de mer,
Qui vont de droite à gauche où le destin les pousse,
Je refais sans bouger mes croisières à l'envers,
Je croise des requins que j'ai connu tout gosse,
Ils me font des sourires comme des crans d'arrêt.
Il faut bien du talent pour devenir féroce...
Malgré tous mes efforts, jamais je ne saurai.

Je ne ressemble à rien, ça n'a plus d'importance,
J'ai fait le tour du monde à l'intérieur de moi,
Je n'ai plus les moyens de tenir la distance,
Je ne vous laisserai qu'un beau squelette en bois,
J'aimerai qu'un ami le monte en lampadaire,
Et qu'il ait le culot de l'installer chez lui.
Ainsi quand je serai disparu dans ma nuit
Je ferai sans effort, enfin, de la lumière.

Bernard DIMEY

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Galerie Sans Toit

Publié le par l'oeil et l'oreille

portrait042

De très beaux portraits par Pierre BELHASSEN de ceux qu'on oublie trop souvent de voir...
Un très beau regard, plein d'humanité... Mieux que ça, un échange...
http://sanstoit.neuf.fr/

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Les ptits cailloux des mômes

Publié le par l'oeil et l'oreille

Le Petit Poucet...

Les ptits cailloux des mômes,
Trésors du creux de la poche...
De ceux qui sont fantômes,
Des autres qui ricochent,
Ils ont jeté au vent
Ces bouts du creux de la terre,
Ces instants de mémoire.
Juste avant la poussière...

Je me souviens,
Au creux de la main,
C'était doux...

Publié dans Les yeux d'Holga

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Oscar Matzerath

Publié le par l'oreille

Les fleurs pâles entre

Encore une de ces découverte de péniche qui marque....
Un univers cauchemardesque très particulier...
De ces noirceurs qui intriguent et qu'on ne peut s'empêcher d'approcher, de celles qui font pousser la porte, sur la pointe des pieds, l'oreille aux aguets et l'oeil inquiet...
Une porte entre-ouverte sur des contes où les anges sont désincarnés, où les cendres espèrent une renaissance et les cris s'étouffent...
Un théâtre d'ombre dans lequel on se laisse emmener, des traces indélébiles qu'on se surprend à suivre...
Une très belle écriture, sans aucun ménagement, très bien servie par l'instrumentation...

"Tout ce qu'on a dit est faux, ce qu'on ne fera jamais bien trop beau"

A découvrir sur El Alamein le 12 octobre à 21h00, c'est un lieu qui leur va comme une nuit sans lune...

Les fleurs pâles entre

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Disque d'or

Publié le par l'oreille

Allongé dans le pré

Le prochain album de La Blanche, Disque d'Or (sortie prévue le 3 novembre) est passé dans mes oreilles....
Et il est à la hauteur de ce qu'on en espérait...
On y retrouve les titres qu'on a tant apprécié en concert, du truculent "La mienne" au touchant "Allongé dans le pré", un dormeur du val bien contemporain...
La Blanche distille toujours humour et humeurs noires avec autant de finesse, qu'on se le dise !

Un avant-goût :


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Louis Pons

Publié le par l'oeil et l'oreille

diabolikoko


Un bidouilleur de riens, un arrangeur de débris, un cuisinier des restes... J'aime vraiment ce qu'il fait, à tel point que parfois ça déteint......
Et comme je ne le ferai pas aussi bien que lui, je laisse Gilles Plazy présenter son travail...

"(...)Les objets qu'il ramasse, c'est un peu comme à une pêche tranquille qu'il les trouve. Plutôt cueillis que harponnés. Puis gardés comme en quelque décharge privée. En un grand tas de mort, une brocante dérisoire qui n'aurait aucune chance de trouver un client. Le tas fermente dans l'atelier, terrier de chiffonnier. Une main quelquefois y plonge, en sort un bidule ou un bitoniau, comme des mots viennent d'un dictionnaire. Ce sont des bribes - brisure, débris, choses délaissées par des voyageurs de l'imprévisible, chargées d'histoires dont on ne sait rien.
Ainsi collé, cloué, mis en une scène nouvelle, selon le libre jeu des associations, simple calembour ou fantasme dense, ce qui avait été jeté, le rebus de la vie qui consomme tout ou rien, l'animal momifié ou la pince à linge, le morceau de vieux chapeau ou le petit bateau, est sauvé.
Vivant encore. Rechargé dans un autre monde, celui d'un art qui ouvre des portes de poésie dans la masse pas toujours ragoutante du réel.
Ca fait reliques, ex-votos, mais ce serait trop simple, trop religieux. Ce ne sont pas des petits autels pour genoux faciles à plier, ce sont des... Des quoi au juste ? Non, pas de l'art magique, du néo-sauvage. Des tableaux. C'est celà, des tableaux. Des formes et des couleurs. Pas beaucoup de couleurs, donc du dessin peut-être. Peut importe, peinture ou dessin, disons des tableaux, de ces choses artistiques dans lesquelles un homme se projette en donnant à quelques autres de quoi voir ce qu'ils n'ont encore jamais vu, mais qui ne leur est pas étranger, qui leur paraît venir aussi un peu d'eux-même (...)"
Préface de l'ouvrage LOUIS PONS, Somogy édition d'art, Paris 1999

Un artiste dont on peut croiser parfois les tableaux à la Galerie Béatrice Soulié, ou à la Halle St Pierre...
 

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Sommeil Paradoxal

Publié le par l'oeil


Voilà Bleuz, un photographe dont j'aime particulièrement le travail (merci à Gaël en passant pour la découverte)...
Un univers très cauchemardesque et inventif....
Une atmosphère à découvrir juste avant d'aller se coucher...


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