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Chronique à l'en-vert : les gaz de schiste...

Publié le 15 Février 2011 par l'oeil et l'oreille in L'oeil à ouvrir

Les chroniques à l’en-vert : pour ou contre les gaz de schiste ?

LaBlanchePar Eric La Blanche. Dans ses chroniques d’hum(o)eur, Eric la Blanche décrypte l’actualité à sa façon, c’est à dire à l’envers et sans aucune honnêteté : un univers absurde, quelque part entre Desproges et les Monthy Python.

 


Franchement, les gaz de schiste, moi, je ne savais pas trop quoi en penser. Alors je me suis fait une petite liste pour m’aider à y voir plus clair. En vert, j’ai mis les points positifs, en rouge, les négatifs (je suis très organisé) :

1. Les gaz de schiste sont des gaz contenus en sous-sol sous forme de petites poches indépendantes. Si on veut extraire ces gaz, il faut casser la roche et, pour cela on utilise la technique de la « fracturation hydraulique ». Bon.

2. Pour fracturer les roches, on leur envoie de l’eau à haute pression qu’on mélange avec du sable et des produits chimiques sympas qu’on retrouve dans l’antigel ou les désherbants.

3. La multinationale Halliburton est la seule à maîtriser cette technique, vous savez, cette société sympa dont on se demande si la guerre en Irak n’a pas été faite exprès pour elle, tant elle s’est mise de milliards de dollars dans les fouilles ?

4. Le sous-sol français renferme des milliards de m3 de gaz. Ça, c’est chouette : on va pouvoir continuer à gaspiller pendant encore longtemps.

5. Utiliser du gaz, ça évite d’acheter du pétrole à des étrangers. Je n’ai rien contre les étrangers, hein, notez bien, mais bon, ils ne sont pas comme nous.

6. Ça peut même aider l’état français à remplir ses caisses qui sont toutes vides à cause des fonctionnaires assistés et des privilégiés syndicalistes paresseux etc.

7. L’hydrofracturation consiste à faire péter les failles souterraines et ça doit quand même être vachement rigolo de tout faire croustiller là-dessous.

8. Le problème, c’est qu’une fois qu’on a tout fait péter et ben c’est tout … heu… pété, justement. Et certains pensent que ça peut entraîner des micro tremblements de terre.

9. Comme les poches sont petites, il faut creuser plein de puits. Personnellement, je trouve ça joli mais enfin, ça bousille un peu le paysage.

10. Je peux comprendre que les Ardéchois, par exemple, soient attachés à leur environnement mais bon, moi, personnellement, je n’y habite pas : ils pourraient se sacrifier pour les autres, non ?

11. Les industriels jurent que, une fois qu’on aura exploité le gaz, il suffira de « refermer » et de tout remettre comme avant : on replante des arbres et hop, ni vu ni connu. Et, dans le business, comme chacun sait, la parole, c’est sacré.

12. Pour chaque puit, on utilise plusieurs millions de litres d’eau dont seule une moitié est récupérée. Moi, l’eau, je n’aime pas ça mais j’avoue que c’est quand même pratique pour se laver et arroser les plantes. Surtout que l’eau potable est une espèce en voie de disparition.

13. La moitié qu’on récupère est un peu dégueulasse, ce qui fait qu’il faut la laver pour pouvoir la réutiliser. J’espère au moins qu’on ne la lave pas avec de l’eau propre.

14. La moitié qu’on ne récupère pas s’en va… heu… ailleurs et, comme on lui a gentiment demandé de ne pas aller polluer les nappes phréatiques, elle n’y va pas. Enfin, c’est ce qu’ils mettent sur les brochures.

15. L’exploitation relâche aussi d’autres gaz à effet de serre contenus dans le sous-sol, sans compter les camions et l’exploitation. Prout.

16. Enfin, on ne nous a pas trop demandé notre avis de citoyens quant à la décision d’exploiter les gaz de schiste et je n’aime pas trop qu’on me fasse des trucs sous les pieds dans le dos.

17. Si j’ajoute qu’on retrouve des copains des actuels résidents de la république (un certain Balkany, Julien) dans la liste des sociétés qui vont se partager le magot, je me demande si l’intérêt général n’aurait pas également été un peu hydrofracturé.

18. Au moins, on dirait que ce hold-up démocratique énerve bien nos concitoyens – notamment ardéchois – même si, selon la loi, en France, le sous-sol appartient à l’Etat. Du coup, la mobilisation semble sans précédent et ça, j’adooooore.

19. Pour finir, on finirait presque par oublier qu’il existe dans ce pays une immense réserve d’énergie, équivalente à des milliards de tonnes de pétrole : celle qu’on gaspille et qu’on pourrait économiser, les négawatts.

Voilà, j’espère que cette petite liste vous aura aidé à y voir clair et, puisqu’on ne vous a pas demandé votre avis, donnez-le quand même !

 

(Publié dans Global Mag)

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