Lundi 30 octobre 2006
par l'oeil et l'oreille publié dans : L'oeil à ouvrir
Vendredi 27 octobre 2006
Une pierre sur le sable

(...)
Je peux reconnaître que la mer et le vent ne manqueront pas de me survivre et que l’éternité se soucie peu de moi. Mais qui me demande de me soucier de l’éternité ? Ma vie n’est courte que si je la place sur le billot du temps. Les possibilités de ma vie ne sont limitées que si je compte le nombre de mots ou le nombre de livres auxquels j’aurai le temps de donner le jour avant de mourir. Mais qui me demande de compter ? Le temps n’est pas l’étalon qui convient à la vie. Au fond, le temps est un instrument de mesure sans valeur car il n’atteint que les ouvrages avancés de ma vie.


Mais tout ce qui m’arrive d’important et tout ce qui donne à ma vie son merveilleux contenu : la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l’on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l’espace d’une seconde ou l’espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.


Je soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même occasion, celui des performances que l’on exige de moi. Ma vie n’est pas quelque chose que l’on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n’est pas non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la perfection. Et ce qui est parfait n’accomplit pas de performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. Il est absurde de prétendre que la mer soit faite pour porter des armadas et des dauphins. Certes, elle le fait – mais en conservant sa liberté. Il est également absurde de prétendre que l’homme soit fait pour autre chose que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines et il écrit des livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L’important est qu’il fasse ce qu’il fait en toute liberté et en pleine conscience de ce que, comme tout autre détail de la création, il est une fin en soi. Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable.


Je peux même m’affranchir du pouvoir de la mort. Il est vrai que je ne peux me libérer de l’idée que la mort marche sur mes talons et encore moins nier sa réalité. Mais je peux réduire à néant la menace qu’elle constitue en me dispensant d’accrocher ma vie à des points d’appui aussi précaires que le temps et la gloire. (...)

Stig Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, Acte Sud, 1981
Texte en entier à lire par  
Jeudi 26 octobre 2006
Raphaèle

Allez hop, encore une petite niouze délectable de La Blanche, faut profiter avant qu'elles soient payantes...

Cher(e) enlisté(e),
la société est toute pourrie, il n'y a plus de jeunesse, le capitalisme n'est pas un bon sauvage, les femmes ne sont toujours pas des Hommes commes les autres, l'Etat est un monstre froid, des Apaches gouvernent les Etats Unis, l'Afrique crève, les barbus rasent gratis, Dieu est un mauvais co-pilote, les banlieues chauffent et le climat aussi (quoi de plus triste qu'un éternel été ?), bref, pour reprendre une expression chère à mon petit cousin Brandon (prononcer Brâne done), c'est la popo.
 
Conclusion : votez pour nous (même si vous vous demandez bien ce que vous faites dans cette liste. Si c'est le cas, c'est que vous êtes nouveau. Vous verrez, on s'habitue très vite)
 
Comme nous n'avons pas encore de programme bien défini - c'est à la mode - je vous propose de commencer à vous entraîner à voter, par exemple pour notre clip, en allant ici : http://fr.launch.yahoo.com/ (plein centre de la page : le type pâlot avec l'air jouasse est votre serviteur)
Les autres clips sont très bien aussi mais bon, ce n'est pas le problème (il ne faut pas toujours tout compliquer).
Et puis le fair-play, c'est comme le reste : il ne faut pas en abuser.
La démocratie directe est très importante en ce moment vu que nous sortons notre nouvel opus "Disque d'Or" (nous sommes superstitieux) le 3 novembre et que nous avons besoin de promotion. Cette réclame nous servira à vendre des disques, avec l'argent desquels je pourrai enfin offrir de vrais cadeaux à mes amis à Noël, en lieu et place des habituels dessins et poésies de mon cru - qui font très plaisir à leur destinataire, certes, mais la première année seulement.
 
J'ai la joie de vous annoncer que notre merveilleux album (écouter ici : http://myspace.com/lablanche) de chanson transgenre sexy et cérébrale (le plus gros organe sexuel est le cerveau, rappelons-le) est peut-être déjà dans le magasin le plus proche. Si vous avez l'habitude de télécharger des morceaux gratuitement en peer-to-peer, expliquez-le gentiment au vendeur, il vous remettra alors un album gratuit. Nous sommes contre la méthode forte.
 
Enfin, je vous rappelle que nous organisons deux soirées discoboles (cf : de lancement de disque) :
la Blanche sera en concert les 8 et 9 novembre au Zèbre de Belleville
entrée : 13 et 10 euros - 63, boulevard de Belleville -75011 Paris / résa : 04 72 73 77 12 - http://www.lezebre.com
 
Ce serait sympa de venir, Marvin de los Angeles, notre manager (celui qui m'avait enfermé dans le placard la dernière fois) menace d'enduire mon micro de désherbant avant le concert si on ne remplit pas la salle à ras bord.
 
Cordialement,
Eric la Blanche

http://www.lablanche.org
Ps cette semaine, pour se désabonner, ce n'est pas possible parce que, figurez-vous qu'une maison d'édition m'a proposé de faire un livre avec les newslettres (véridique). Je devrais même vous faire payer, tiens. Ingrats.
Dimanche 22 octobre 2006
Roc of Cashel

Petit bidouillage photo d'un vieux cliché argentique du Roc de Cashel, Irlande...en écoutant Frontière, de Grimoon

Du lieu, ne me souviens plus 
Regard noir où je me suis reconnu
Brule en moi, retiens-moi
Lèvres unies dans l'éternel baiser

Ai repris mon chemin de vie
Ton odeur, nos rires et mes secrets
A jamais disparu
Plus jamais revus

Une guerre déchira nos deux pays
Toi et moi d'une frontière à l'autre
Maisons éventrées, populations décimées,
enfances tuées et destins brisés
Toi et moi d'une frontière à l'autre
Toi et moi, toi, moi…

Par delà la frontière,
Ton odeur, nos rires et mes secrets
Plus jamais revus
Du lieu, ne me souviens plus
Regard noir où je me suis reconnu
Brûle en moi, retiens-moi
Fantôme bercé
Mon corps dispersé



Vendredi 20 octobre 2006
Voie sans issue



Battre plus fort

Rien ne va, tout va mal
Alors on s'oublie on s'affale,
On s'autorise à penser
Que de toutes façons il n'y a pas assez
De quoi penser pour les autres
Alors il n'y aura rien pour soi
De quoi passer à autre chose
Sans faire oublier sa voix.

Sans faire oublier sa voix.

C'est lorsqu'on dort qu'on rêve le plus
Et ceux emportés à l'idée
Je les comprends un peu plus
De nous dépasser.
Alors que nos nuits diminuent
Et qu'on se rapproche du bord
Contre les voies sans issue
Il faut battre plus fort.

Il faut battre plus fort

Il faut battre plus fort,
S'arracher pour les autres,
Même s'ils ont tort.

Maczde Carpate
 

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