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L'oeil et l'oreille

Mardi 5 septembre 2006 2 05 /09 /2006 20:36

Un pré communal, dans un petit village de l'Essone, Boissy-le-Cutté.
Un châpiteau pour une invitation qui fait faire le voyage...au sud du nord...
" LACCA'S DREAM'N'BASS invite André MINVIELLE, Loïc LANTOINE et François PIERRON "...
On s'attendait avec curiosité à une impro collective sur deux petits morceaux... on en a eu plus, bien plus...
Du Lantoine et Pierron avec des cascadeurs autour, comme ils aiment à le dire, qui se sont greffés sur les mots, les mélodies, les atmosphères...
De ces moments uniques qu'on savoure encore des jours après...
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Mardi 5 septembre 2006 2 05 /09 /2006 18:33

Aujourd'hui, maman m'a appelé monstre. Tu es un monstre elle a dit. J'ai vu la colère dans ses yeux. Je me demande qu'est-ce que c'est un monstre.
Aujourd'hui de l'eau est tombée de là-haut. Elle est tombée partout j'ai vu. Je voyais la terre dans la petite fenêtre. La terre buvait l'eau elle était comme une bouche qui a très soif. Et puis elle a trop bu l'eau elle a rendu du sale. Je n'ai pas aimé.
Maman est jolie je sais. Ici, dans l'endroit où je dors avec des murs qui font froid j'ai un papier. Il était pour être mangé par le feu quand il est enfermé dans la chaudière. Il y a dessus FILMS et VEDETTES. Il y a des images avec des figures d'autres mamans. Papa dit qu'elles sont jolies. Une fois il l'a dit.
Et il a dit maman aussi. Elle si jolie et moi quelqu'un de comme il faut. Et toi regarde-toi il a dit et il avait sa figure laide de quand il va battre. J'ai attrapé son bras et j'ai dit tais-toi papa. Il a tiré son bras et puis il est allé loin où je ne pouvais pas le toucher.
Aujourd'hui maman m'a détaché un peu de la chaîne et j'ai pu aller voir dans la petite fenêtre.
C'est comme ça que j'ai vu la terre boire l'eau de là-haut. (...)

Richard MATHESON

Une de mes lectures marquantes de cet été...
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Samedi 2 septembre 2006 6 02 /09 /2006 10:29

Si tu me payes un verre, je n'te demand'rai pas
Où tu vas, d'où tu viens, si tu sors de cabane,
Si ta femme est jolie ou si tu n'en as pas,
Si tu traînes tout seul avec un coeur en panne.
Je ne te dirai rien, je te contemplerai.
Nous dirons quelques mots en prenant nos distances,
Nous viderons nos verres et je repartirai
Avec un peu de toi pour meubler mon silence.

Si tu me payes un verre, tu pourras si tu veux
Me raconter ta vie, en faire une épopée
En faire un opéra... J'entrerai dans ton jeu
Je saurai sans effort me mettre à ta portée
Je réinventerai des sourir' de gamin
J'en ferai des bouquets, j'en ferai des guirlandes
Je te les offrirai en te serrant la main
Il ne te reste plus qu'à passer la commande

Si tu me payes un verre, que j'aie très soif ou pas,
Je te regarderai comme on regarde un frère,
Un peu comme le Christ à son dernier repas.
Comme lui je dirai deux vérités premières :
Il faut savoir s'aimer malgré la gueul' qu'on a
Et ne jamais juger le bon ni la canaille.
Si tu me payes un verre, je ne t'en voudrai pas
De n'être rien du tout... Je ne suis rien qui vaille !

Si tu me payes un verre, on ira jusqu'au bout,
Tu seras mon ami au moins quelques secondes.
Nous referons le monde, oscillants mais debout,
Heureux de découvrir que si la terre est ronde
On est aussi ronds qu'elle et qu'on s'en porte bien.
Tu cherchais dans la foule une voix qui réponde,
Alors, paye ton verre et je paierai le mien,
Nous serons les cocus les plus heureux du monde.


 

Bernard DIMEY

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Mercredi 30 août 2006 3 30 /08 /2006 12:21

Les mots de DIMEY habillés par Lantoine, ça devient un texte de haute-couture....

Un soir au Gerpil


Les heur' que j'ai passées à m'finir au Gerpil
Avec des filles de rien que j'appelais Monsieur
Qui f'saient vibrer pour moi leurs miches et leurs faux-cils
Pour m'envoyer le soir un peu de poudre aux yeux
C'était des heur' perdues que je gagnais quand même
J'y perdais l'équilibre et parfois la raison
Aux dernières années de ma vie de Bohême
Avec des enfants d'choeur qui sortaient de prison

C'est une maladie comme on dit de jeunesse
Je suis un vieux gamin assez mal conservé
J'ai toujours adoré les chemins de traverse
Qui vont du Sacré-Coeur aux quartiers réservés
Je ne demande rien aux gens que je fréquente
Qu'ils soient flics ou curés, à vrai dire je m'en fous
Des mâles à toute épreuve égarés chez les tantes
Pour prendre un peu leur pied ou pour se fair'des sous

C'est peut-être au Gerpil à l'heure du délire
A l'heure où l'on zigzague en croyant marcher droit
Que j'ai vu mélanger le meilleur et le pire
Et la droite et la gauche et l'envers et l'endroit
Et mourir quelquefois, un peu comme on rigole
Spectacles étonnants qui ne m'ont rien appris
Pourtant ce fut pour moi une exellente école
Car ce qui ne vaut rien n'a jamais eu de prix.
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Lundi 28 août 2006 1 28 /08 /2006 16:05

Pépère

Pépère, écout'pas ça, c'est du mélancolique.
À chaque fois qu'tu l'entends, tu fais ton cinéma,
Ça te rappelle des trucs, cette espèce de musique,
Ça te rappelle Germaine mais ça tu l'diras pas.

Écoute pas ça, j'te dis ; t'as déjà l'oeil qui brille,
Tu tires sur ta cibiche comme au bal des pompiers,
Y paraît qu'tu savais baratiner les filles,
Y paraît qu'au chamboule-tout t'étais toujours premier.

Je vois l'accordéon tourner sous ta casquette
C'est comm' la foire du trône, réveillé d'un seul coup
Quand on a dix-huit ans, c'est merveilleux la fête,
À présent c'est foutu, tu n'y vas plus beaucoup.

Pépère, écout' pas ça, et parle-moi d'Germaine.
Y paraît qu'avec elle t'avais l'sifflet coupé,
Que tu v'nais la chercher chez papa toutes les s'maines,
En promettant surtout d'la ram'ner pour souper.

Pépère, écout'pas ça, tu vas pleurer par terre
Si tu rentres chez toi avec des yeux rougis
Mémène elle va penser que t'as forcé sur l'verre
Elle comprendra jamais que l'biniou t'a surpris.

C'est pernicieux comme tout les pianos à bretelles,
Ça vous balance des airs au décrochez-moi ça,
Des sonates à deux ronds dans le fond des ruelles
Avec des mots tout neufs qui n'en finissent pas.

Pépère, on va rentrer, vas-y, finis ta bière,
Il est minuit passé, c'est plus des heures pour toi.
Le patron du bistrot va boucler ses lumières
Et pour le dénicheur, ça s'ra la prochaine fois.

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Samedi 26 août 2006 6 26 /08 /2006 13:10
Maczde Carpate
album Discomouche
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Samedi 26 août 2006 6 26 /08 /2006 09:11
La poule ne se plait que chez les paysans... Ils en ont des basses-cours pleines !
Celles qui font des oeufs d'or sont beaucoup plus gentilles que les autres ; alors on n'a pas le droit de les tuer.
On les appelle les poules de luxe. Elles coûtent beaucoup plus cher qu'on croit ! Il paraît qu'il y a des femmes qu'on appelle aussi des poules. Personne n'a voulu me dire pourquoi. Papa m'a juré qu'il n'en connaissais pas.
Dés qu'il en connaîtra, il me le dira.
Et dés qu'elles auront des dents, les poules, maman m'achètera une mobylette.

Bernard DIMEY Bestiaire d'autre part
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Vendredi 25 août 2006 5 25 /08 /2006 12:59

Une découverte de scène, un groupe d'Orléans qui mérite vraiment qu'on s'y attarde...
Un univers à la Bell Oeil, qui sort des sentiers balisés, très original, sombre, et touchant.
Une finesse jusqu'au bout des mots, un oeil accéré, ça grince là où ça fait mal, mais toujours avec une énergie incroyable au creux des mains, les tripes en avant.
Une couleur musicale qui se joue magnifiquement des métissages, et qui exploite le jazz avec beaucoup de bonheur...
Et un album l'Etonnoir à découvrir vivant, sur scène : au dernier diagnostic, ça palpite plus que jamais, il est excellent !

http://www.vendeursdenclumes.com/

T'arrête pas, live.
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Vendredi 25 août 2006 5 25 /08 /2006 12:53
Texte de Dimey, encore, repris par Loic Lantoine en concerts...

Ivrogne, et pourquoi pas ?


Ivrogne, c'est un mot qui nous vient de province
Et qui ne veut rien dire à Tulle ou Châteauroux,
Mais au coeur de Paris je connais quelques princes
Qui sont selon les heures, archange ou loup-garou
L'ivresse n'est jamais qu'un bonheur de rencontre,
Ça dure une heure ou deux, ça vaut ce que ça vaut,
Qu'il soit minuit passé ou cinq heure à ma montre,
Je ne sais plus monter que sur mes grands chevaux.

Ivrogne, ça veut dire un peu de ma jeunesse,
Un peu de mes trente ans pour une île aux trésors,
Et c'est entre Pigalle et la rue des Abesses
Que je ressuscitais quand j'étais ivre-mort...
J'avais dans le regard des feux inexplicables
Et je disais des mots cent fois plus grands que moi,
Je pouvais bien finir ma soirée sous la table,
Ce naufrage, après tout, ne concernait que moi.

Ivrogne, c'est un mot que ni les dictionnaires
Ni les intellectuels, ni les gens du gratin
Ne comprendront jamais... C'est un mot de misère
Qui ressemble à de l'or à cinq heure du matin.
Ivrogne... et pourquoi pas ? Je connais cent fois pire,
Ceux qui ne boivent pas, qui baisent par hasard,
Qui sont moches en troupeau et qui n'ont rien à dire.
Venez boire avec moi... On s'ennuiera plus tard.


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Vendredi 25 août 2006 5 25 /08 /2006 00:40
Les effets secondaires de Barjac :

Quand on n'a rien à dire et du mal à se taire,
On peut toujours aller gueuler dans un bistrots,
Parler de son voisin qui n'a pas fait la guerre,
Parler de Boumedienne et de Fidel Castro,
Parler parler parler... pour que l'air se déplace,
Pour montrer qu'on sait vivre et qu'on a des façons,
Parler de son ulcère ou bien des saints de glace,
Pour fair' croire aux copains qu'on n'est pas le plus con.

Quand on n'a rien à dire on parle de sa femme
Qui ne vaut pas tripette et qui n'a plus vingt ans,
Qui sait pas cuisiner, qui n'aime que le drame,
Qui découche à tout va, qu'a sûrement des amants.
On parle du Bon Dieu, on parle de la France
Ou du Vittel-cassis qui vaut pas çui d'avant,
On pense rien du tout on dit pas tout c' qu'on pense.
Quand on n'a rien à dire on peut parler longtemps.

Quand on n'a rien à dire on parle du Mexique
De l'Amérique du Nord où tous les gens sont fous,
Du Pape et du tiercé, des anti-alcooliques,
Du cancer des fumeurs et des machines à sous,
Des soldats des curés, d'la musiqu' militaire,
De la soupe à l'oignon, de l'îl' de la Cité.
Quand on n'a rien à dire et du mal à se taire
On arrive au sommet de l'imbécilité.

  Bernard DIMEY
Recueil : Le milieu de la nuit, ED. Christian Pirot

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