Lundi 11 septembre 2006

Voilà Bleuz, un photographe dont j'aime particulièrement le travail (merci à Gaël en passant pour la découverte)...
Un univers très cauchemardesque et inventif....
Une atmosphère à découvrir juste avant d'aller se coucher...


Mardi 5 septembre 2006

Un pré communal, dans un petit village de l'Essone, Boissy-le-Cutté.
Un châpiteau pour une invitation qui fait faire le voyage...au sud du nord...
" LACCA'S DREAM'N'BASS invite André MINVIELLE, Loïc LANTOINE et François PIERRON "...
On s'attendait avec curiosité à une impro collective sur deux petits morceaux... on en a eu plus, bien plus...
Du Lantoine et Pierron avec des cascadeurs autour, comme ils aiment à le dire, qui se sont greffés sur les mots, les mélodies, les atmosphères...
De ces moments uniques qu'on savoure encore des jours après...
par l'oeil et l'oreille publié dans : L'oeil à ouvrir
Mardi 5 septembre 2006

Aujourd'hui, maman m'a appelé monstre. Tu es un monstre elle a dit. J'ai vu la colère dans ses yeux. Je me demande qu'est-ce que c'est un monstre.
Aujourd'hui de l'eau est tombée de là-haut. Elle est tombée partout j'ai vu. Je voyais la terre dans la petite fenêtre. La terre buvait l'eau elle était comme une bouche qui a très soif. Et puis elle a trop bu l'eau elle a rendu du sale. Je n'ai pas aimé.
Maman est jolie je sais. Ici, dans l'endroit où je dors avec des murs qui font froid j'ai un papier. Il était pour être mangé par le feu quand il est enfermé dans la chaudière. Il y a dessus FILMS et VEDETTES. Il y a des images avec des figures d'autres mamans. Papa dit qu'elles sont jolies. Une fois il l'a dit.
Et il a dit maman aussi. Elle si jolie et moi quelqu'un de comme il faut. Et toi regarde-toi il a dit et il avait sa figure laide de quand il va battre. J'ai attrapé son bras et j'ai dit tais-toi papa. Il a tiré son bras et puis il est allé loin où je ne pouvais pas le toucher.
Aujourd'hui maman m'a détaché un peu de la chaîne et j'ai pu aller voir dans la petite fenêtre.
C'est comme ça que j'ai vu la terre boire l'eau de là-haut. (...)

Richard MATHESON

Une de mes lectures marquantes de cet été...
par l'oeil et l'oreille publié dans : L'oeil à ouvrir
Samedi 2 septembre 2006

Si tu me payes un verre, je n'te demand'rai pas
Où tu vas, d'où tu viens, si tu sors de cabane,
Si ta femme est jolie ou si tu n'en as pas,
Si tu traînes tout seul avec un coeur en panne.
Je ne te dirai rien, je te contemplerai.
Nous dirons quelques mots en prenant nos distances,
Nous viderons nos verres et je repartirai
Avec un peu de toi pour meubler mon silence.

Si tu me payes un verre, tu pourras si tu veux
Me raconter ta vie, en faire une épopée
En faire un opéra... J'entrerai dans ton jeu
Je saurai sans effort me mettre à ta portée
Je réinventerai des sourir' de gamin
J'en ferai des bouquets, j'en ferai des guirlandes
Je te les offrirai en te serrant la main
Il ne te reste plus qu'à passer la commande

Si tu me payes un verre, que j'aie très soif ou pas,
Je te regarderai comme on regarde un frère,
Un peu comme le Christ à son dernier repas.
Comme lui je dirai deux vérités premières :
Il faut savoir s'aimer malgré la gueul' qu'on a
Et ne jamais juger le bon ni la canaille.
Si tu me payes un verre, je ne t'en voudrai pas
De n'être rien du tout... Je ne suis rien qui vaille !

Si tu me payes un verre, on ira jusqu'au bout,
Tu seras mon ami au moins quelques secondes.
Nous referons le monde, oscillants mais debout,
Heureux de découvrir que si la terre est ronde
On est aussi ronds qu'elle et qu'on s'en porte bien.
Tu cherchais dans la foule une voix qui réponde,
Alors, paye ton verre et je paierai le mien,
Nous serons les cocus les plus heureux du monde.


 

Bernard DIMEY

par l'oeil et l'oreille publié dans : L'oeil à ouvrir
Mercredi 30 août 2006

Les mots de DIMEY habillés par Lantoine, ça devient un texte de haute-couture....

Un soir au Gerpil


Les heur' que j'ai passées à m'finir au Gerpil
Avec des filles de rien que j'appelais Monsieur
Qui f'saient vibrer pour moi leurs miches et leurs faux-cils
Pour m'envoyer le soir un peu de poudre aux yeux
C'était des heur' perdues que je gagnais quand même
J'y perdais l'équilibre et parfois la raison
Aux dernières années de ma vie de Bohême
Avec des enfants d'choeur qui sortaient de prison

C'est une maladie comme on dit de jeunesse
Je suis un vieux gamin assez mal conservé
J'ai toujours adoré les chemins de traverse
Qui vont du Sacré-Coeur aux quartiers réservés
Je ne demande rien aux gens que je fréquente
Qu'ils soient flics ou curés, à vrai dire je m'en fous
Des mâles à toute épreuve égarés chez les tantes
Pour prendre un peu leur pied ou pour se fair'des sous

C'est peut-être au Gerpil à l'heure du délire
A l'heure où l'on zigzague en croyant marcher droit
Que j'ai vu mélanger le meilleur et le pire
Et la droite et la gauche et l'envers et l'endroit
Et mourir quelquefois, un peu comme on rigole
Spectacles étonnants qui ne m'ont rien appris
Pourtant ce fut pour moi une exellente école
Car ce qui ne vaut rien n'a jamais eu de prix.
par l'oeil et l'oreille publié dans : L'oeil à ouvrir

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